M Leuven acquiert des sculptures médiévales de Jean III Borman et de l'entourage de l'atelier Borman
Deux nouvelles acquisitions viennent enrichir la collection unique de sculptures de la famille Borman

La collection muséale de la Ville de Louvain, dont la conservation et la gestion sont assurées par M Leuven, possède l’un des plus grands ensembles au monde de sculptures de la famille Borman. Grâce à deux nouvelles acquisitions, elle s’enrichit davantage encore. Depuis la grande exposition Borman et Fils de 2019, M Leuven s’est imposé comme la référence internationale incontournable pour tout ce qui touche à cette famille de sculpteurs.
Marie assise avec l’Enfant sur le croissant de lune (vers 1490-1510) – sculpture, Jan III Borman
D’un point de vue stylistique, on peut attribuer cette statuette en chêne d’environ 40 centimètres à Jan III Borman. Elle porte la marque de fabrique de la guilde des sculpteurs bruxellois, à savoir leur « petit marteau ». Ultérieurement à sa réalisation, la statuette a été dotée d’un petit socle en chêne et d’un panneau arrière en bois orné de rayons qui faisait office de fond de présentation.
Jusqu’il y a peu, la statuette appartenait à une collection privée et n’avait pas pu être localisée ; on ne la connaissait que d’anciennes photographies et on savait qu’elle avait fait partie de l’exposition La Vierge dans l’art qui s’est tenue à Anvers en 1954. Bien que M Leuven possède l’une des plus grandes collections au monde de sculptures des Borman, il lui manquait jusqu’à présent un exemplaire de Vierge à l’Enfant assise, de petite taille, provenant de la région brabançonne. L’œuvre en question a pu être acquise auprès des enfants de Paul Poelmans, qui l’avaient héritée de la succession d’Helena Olyslager-Van Herck.
Les collections du Louvre à Paris, du Bode-Museum à Berlin, du Rheinisches Landesmuseum à Bonn et une collection à Providence aux États-Unis possèdent des statuettes similaires de la Vierge. Le couvent des Augustines de Herent conserve une version de grande taille de ce type de sculpture que nous avons présentée lors de l’exposition Borman et Fils en 2019. La Vierge à l’Enfant assise sur un croissant de lune que nous venons d’acquérir est en excellent état et témoigne d’une qualité sculpturale exceptionnelle.
Mage agenouillé de l’Adoration des Rois (vers 1500) – fragment de retable, Maître de Piétrebais ou atelier Borman

Outre cette statuette, M Leuven acquiert encore un Mage agenouillé provenant d’une Adoration des Mages, un fragment de retable de style gothique tardif qui date de l’an 1500 environ, attribué à l’entourage de l’atelier Borman et au Maître de Piétrebais – un nom utilisé par les historiens de l’art pour désigner un atelier de Louvain que l’on pas encore pu identifier.
Cette acquisition enrichit la collection de sculptures médiévales de M Leuven d’une iconographie qui lui faisait défaut jusqu’à présent, malgré la très grande popularité de la représentation de l’Adoration des Mages dans les retables mariaux et autres scènes de l’enfance du Christ réalisées à la fin du Moyen-Âge.
À propos de la famille Borman
Au début du XVIe siècle, Jan II Borman avait la réputation d’être le meilleur sculpteur du Brabant. Mieux encore, la famille Borman dominait l’art de la sculpture dans nos régions. Originaire de Louvain, la famille comptait au moins six membres actifs en tant que sculpteurs sur bois, répartis sur quatre générations. Le plus renommé d’entre eux était Jan II Borman. Il a transposé en trois dimensions le langage formel des Primitifs flamands, tels que Rogier van der Weyden. Selon certains, son œuvre est au moins aussi virtuose et influente que celle de son contemporain, le peintre Jérôme Bosch.
Les Borman étaient les fournisseurs de l’élite européenne : parmi leurs clients, on comptait des églises, des monastères et des guildes, et même la cour des Habsbourg. Leurs œuvres se trouvent aujourd’hui dans des églises et dans des musées prestigieux en Europe et aux États-Unis. Leur œuvre la plus emblématique est le retable de Saint-Georges, réalisé pour la ville de Louvain, mais conservé actuellement au MRAH à Bruxelles.
Des années de recherche ont permis à M Leuven de devenir la principale institution belge spécialisée dans l’étude des Borman. En collaboration avec des partenaires nationaux et internationaux, le musée a pu considérablement augmenter le nombre d’œuvres attribuées à la famille. Aujourd’hui, plus de 350 sculptures sont associées aux Borman.
Une collection de sculptures médiévales de renommée internationale
Avec ces deux nouvelles acquisitions, M Leuven consolide sa renommée internationale de centre de référence pour la sculpture médiévale et regroupe à Louvain des chapitres importants de l’histoire de l’art brabançon. L’acquisition continue de pièces maîtresses qui viennent enrichir la collection de sculptures médiévales revêt une grande importance pour le rayonnement national et international de sa collection, en plus d’en accroître autant la qualité que la diversité iconographique et compositionnelle.
M Leuven occupe en outre un rôle moteur au sein de l’ARDS (Association for Research and Documentation on medieval and Renaissance Sculpture), le réseau international dédié à la recherche sur la sculpture du Moyen-Âge et de la Renaissance. En plus de disposer d’une collection exceptionnelle de cette période, le musée abrite aussi la bibliothèque scientifique et le centre de documentation de l’ARDS.
Avec « Scultori Fiamminghi. Sculpteurs flamands en Italie », qui ouvrira ses portes début octobre au M, le M présente une nouvelle fois une exposition ambitieuse. Grâce notamment à une liste impressionnante de prêteurs internationaux, cette exposition renforce la position du musée en tant que référence en matière de sculpture médiévale et de la Renaissance.
Plus d’informations
Marjan Debaene, directrice du département d’art ancien de M Leuven, qui a finalisé ces acquisitions, se fera un plaisir de vous fournir de plus amples informations sur ces acquisitions exceptionnelles. E-mail : marjan.debaene@mleuven.be.


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