Valérie Mannaerts, Antennae
Exposition rétrospective avec de nouvelles œuvres inédites

03.04-30.08.2026
Commissaire : Valerie Verhack
M Leuven a le plaisir de présenter Antennae, la première exposition rétrospective en Belgique de l’artiste Valérie Mannaerts, qui réunit une sélection d’œuvres réalisées en plus de trente ans de pratique artistique, complétée par de nouvelles œuvres présentées pour la première fois au public.
Antennae marque un moment important dans la carrière de Mannaerts. Au cours des cinq dernières années, elle a intensément travaillé à des projets dans l’espace public, souvent en collaboration avec des architectes et des artisans. Ainsi, elle a réalisé, entre autres, un sol en mosaïque pour la Bourse à Bruxelles – Private Architecture (BeursBourse) (2023). Ces processus lents et collectifs contrastent avec les nouvelles œuvres présentées dans l’exposition, qui ont permis à Mannaerts de renouer avec la spontanéité et l’immédiateté de l’atelier..
« Valérie Mannaerts travaille depuis plus de trois décennies de manière conséquente à la création d’une œuvre qui bénéficie d’une reconnaissance internationale et qui, en Belgique, se manifeste principalement dans l’espace public. Nous sommes donc particulièrement heureux que M Leuven ait l’honneur de présenter son œuvre polyvalente dans toute sa complexité. » - Bert Cornillie, échevin de la culture et président du conseil d’administration de M Leuven
La pratique de Mannaerts englobe plusieurs disciplines, telles que la peinture, le dessin, la photographie et la sculpture, qu’elle conjugue et mêle sans cesse. Elle utilise des matériaux comme le textile, la laine, le bronze, le bois, la céramique et le papier mâché. Elle ne dissocie pas les arts plastiques, l’architecture et le design mais leur attribue en permanence des fonctions différentes : une toile peut devenir une sculpture, des vêtements se transforment en installations.
Les éléments caractéristiques du travail de Mannaerts, tels que les rideaux et les paravents, jouent un rôle important : cette « architecture fluide » lui permet de créer des espaces dans l’espace, des lieux qui paraissent à la fois ouverts et protégés ou qui constituent une certaine « architecture privée », un terme générique qui constitue systématiquement le titre de ses réalisations pour l’espace public.
Hybride et protéiforme

L’œuvre protéiforme et intuitive de Valérie Mannaerts se façonne à partir de matériaux et d’expériences sensorielles. À travers des œuvres hybrides, l’artiste, nourrie de théories féministes, interroge les formes et les propriétés des choses et observe des thèmes tels que la métamorphose, l’identité et le corporel.
L’exposition s’ouvre avec l’œuvre Volubly Troublously (2025) (littéralement : volubilement troublant), une nouvelle œuvre qui introduit d’emblée au langage formel propre à Mannaerts. La sculpture se compose d’une toile peinte en forme de tunique ouverte ou de kimono, de tulle et de rubans. À la surface apparaissent des tétons, des fleurs, des fruits et d’autres motifs organiques.
À la croisée de la peinture et de la sculpture, Volubly Troublously fait référence au corps féminin, à une énergie vitale et à l’habillement et donne le ton pour la suite du parcours, qui ne suit pas un ordre chronologique, mais s’articule autour de thèmes.
« Bien qu’Antennae offre une vue d’ensemble assez complète, il ne s’agit pas d’une rétrospective classique. Les œuvres ne sont sciemment pas présentées selon un ordre chronologique et ne suivent pas un récit linéaire. Nous avons opéré une sélection, en concertation avec l’artiste, sur base d’un regroupement intuitif des œuvres, ce qui correspond à la manière dont Valérie Mannaerts procède : elle s’appuie fortement sur ses sentiments et son intuition. J’espère qu’on le ressentira dans l’exposition. » - Valerie Verhack, commissaire de l’exposition.

Au travers de cinq salles se déploie une image précise et contemporaine de la pratique artistique de Mannaerts. Dans la première salle, elle explore le champ de tension entre la peinture et la sculpture. Dans la salle suivante, l’attention se déplace sur le corps humain qui, par le biais d’une peau de vêtements, peut porter et générer du sens. La troisième salle fait office d’espace extérieur, un jardin monumental tissé qui s’étend comme le panorama d’un lieu personnel et intime. Dans les deux dernières salles, le regard, à nouveau tourné vers l’intérieur, se focalise sur l’interaction entre le privé et le public. L’exposition s’achève par une nouvelle installation dans laquelle Mannaerts explore la position que peuvent occuper de nos jours la condition et le statut de l’artiste.

Antennae invite les visiteur·euses à se laisser guider par des formes et des images qui oscillent sans arrêt entre l’intime et le public, le personnel et l’universel.
À propos du titre
Le titre de l’exposition, Antennae, fait d’une part référence aux antennes avec lesquelles les insectes explorent leur environnement et captent des signaux. D’autre part, il renvoie à une métaphore de sa propre sensibilité artistique et de ses propres « antennes », semblable à celles d’insectes, qui lui permettent de détecter et établir des liens subtils entre son univers, son travail, le public et l’espace d’exposition.
L’image des antennes suggère en outre un mouvement constant entre l’intérieur et l’extérieur, ces zones de transition, où germe souvent le travail de Mannaerts, où les expériences personnelles, les matériaux, l’architecture et les formes physiques convergent et se rencontrent. L’artiste est ainsi à la fois en relation avec le monde et totalement autonome.
Bref éclairage sur quelques œuvres
- Tender Vessel, 2024 - chaussons en toile, bronze patiné

Pour cette œuvre, qui apparaît dans l’image de campagne de l’exposition, Mannaerts prend pour point de départ une référence intime : la tradition de faire couler dans le bronze les premières chaussures d’un enfant. Dans des chaussons en toile, elle a disposé des formes en bronze patiné qu’elle avait d’abord modelées dans de la pâte à sel. La fragilité et la légèreté de la toile contrastent fortement avec le bronze, lourd et durable, qui remplit les chaussons. Il en résulte une tension entre les matériaux, une contradiction avec laquelle Mannaerts joue souvent.
- Private Architecture (jardin), 2023 – sept rideaux tissés en jacquard à partir de fibres Trevira CS

À M Leuven, cette grande œuvre textile est installée en cercle dans l’espace. Il s’agit d’une adaptation de l’installation que Mannaerts a réalisée à la demande du bureau URA Architecten (Bruxelles) pour l’espace polyvalent du nouveau siège social de Pleegzorg Vlaams-Brabant en Brussel, situé à Louvain. Le Textiellab à Tilburg a tissé la pièce.
L’installation s’inspire de sept dessins que Mannaerts a fait transposer sur le textile au moyen d’une technique de tissage jacquard. Ensemble, les panneaux double face forment un rideau panoramique recto verso.
Les images s’inspirent du jardin qui entoure le bâtiment à Louvain, conçu par l’architecte paysagiste Jacques Wirtz, et représentent des plantes, des arbres, des animaux et différents objets.
L’espace pour lequel l’œuvre a été créée initialement est celui où les enfants placés rencontrent pour la première fois leur future famille d’accueil. Il fallait donc que le rideau offre à la fois un sentiment de calme et de protection, et parle à l’imagination.
Biographie

Valérie Mannaerts (°1974) a grandi dans une famille bilingue à Bruxelles. De 1992 à 1996, elle a étudié à l’Académie royale des Beaux-Arts de Gand, où elle a suivi les cours, entre autres, d’Anne-Mie Van Kerckhoven et de Stefan Hertmans. Elle travaille à Bruxelles (Molenbeek).
À la fin des années 1990, Mannaerts fait ses débuts avec des œuvres sur papier qui explorent son corps et sa sexualité. Elle suit ainsi les traces d’artistes féminines des années 1960 et 1970, telles qu’Eva Hesse, et développe, à partir de l’amorphe, un langage visuel singulier et audacieux.
Depuis 1996, elle a présenté son travail dans des expositions individuelles et collectives en Belgique et à l’étranger. En 2003, elle a représenté la Belgique à la Biennale de Venise, aux côtés de l’artiste Sylvie Eyberg.
Mannaerts a effectué une résidence à la Rijksakademie à Amsterdam (2007) et à l’ISCP à New York (2008). Elle a exposé, entre autres, à la Kunsthalle Münster, à Bozar (Bruxelles), au Musée Roger Raveel (Machelen-aan-de-Leie), à Extra City (Anvers), à la REDCAT Gallery (Los Angeles), à KIOSK (Gand), à De Appel (Amsterdam) et à Culturgest (Lisbonne).
Depuis 2020, Mannaerts enseigne à la Haute École d’Art et de Design (HEAD) à Genève.
Parmi les publications consacrées à son œuvre, on peut citer Valérie Mannaerts. An Exhibition, Another Exhibition (Sternberg Press, 2011) et Hit Me With Your Colour Stick (MER. Paper Kunsthalle, 2000).
À l’occasion de l’exposition Antennae à M Leuven, une publication éponyme paraît chez Walther König Verlag.
Après M Leuven, l’exposition voyagera au Centre d’art contemporain d’Ivry – Le Crédac, où elle se tiendra de janvier à mars 2027.
DOSSIER DE PRESSE
Galérie média avec images de l'atelier, d'archives et de l'exposition
Texte mural et dépliant d'exposition
Texte mural Valérie Mannaerts.docx
DOCX 21 KB
Dépliant d'exposition Valérie Mannaerts.pdf
PDF 857 KB
Informations supplémentaires
- Conférence 'La signification implicite de ce que l'on porte' avec Shahidha Bari, écrivaine anglaise du livre 'The Secret Life of Clothes' à propos de l’habit en tant qu’interface entre le corps, l’identité et le monde - dimanche 10.05.2026, 14:00 - 15:00
Plus d'infos:
INFORMATIONS PRATIQUES
- Antennae se tiendra du vendredi 3 avril au 30 août 2026. Le vernissage aura lieu le jeudi 2 avril.
- Parallèlement, Judith Van Oeckel, résidente à M Leuven, présente le fruit de ses recherches.
- Pour une interview de l’artiste et de la commissaire, veuillez prendre contact avec notre service de presse.