Perdu dans la recherche du phare de Pharos

Perdu dans la recherche du phare de Pharos

Pharos. Première exposition individuelle d’ Ellie Ga en Belgique.

Lundi 17 novembre 2014 — 'Pharos' nous emmène en Égypte, à Alexandrie, où Ellie Ga  (°1976, New York) a longuement séjourné en 2012 pour y étudier le phare de Pharos, l’une des sept merveilles du monde dans l’Antiquité classique. Elle a suivi des cours d’archéologie sous-marine à l’université d’Alexandrie pour poursuivre sa recherche des vestiges du phare en plongeant dans les eaux du port. Pharos réunit des documents d’archives et des récits personnels et évoque le voyage d’une artiste perdue dans un processus de recherche. La vidéo, les photos et divers documents sont à la croisée entre histoire et souvenir, réalité et fiction, mots et images, perception et ressenti. Pharos est la première exposition individuelle d’Ellie Ga en Belgique.

Sayed (2013)

La vidéo Sayed montre les images réalisées par Ellie Ga lors d’une de ses plongées sous-marines à la recherche des vestiges archéologiques du phare de Pharos. La vidéo porte le nom du plongeur égyptien qui guidait l’artiste. Les mots et les images sont au cœur de Sayed. Dans quelle mesure pensons-nous comprendre ce que nous entendons ? Ellie Ga pose des questions en anglais, et Sayed y répond en arabe. Par ailleurs, la vidéo montre autant les eaux troubles de la Méditerranée que de brefs gros plans sur des fragments de pierre. S’agit-il de vestiges de l’ancien Pharos? Jusqu’où pouvons-nous voir et comprendre une chose que nous n’avons jamais vue auparavant et qui n’existe que dans notre imagination.

Low Lies the Breakwater (2013)

Le triptyque Low Lies the Breakwater documente en photos le panorama sur la mer que l’on a depuis la terre ferme à Alexandrie. Le cadrage des trois images renvoie à l’architecture supposée du phare: un tour rectangulaire dans le bas qui se prolongeait dans un étage octogonal au milieu et une tour cylindrique au sommet. Vus d’en haut, ces niveaux forment un carré, un octogone et un cercle, soit trois géométries élémentaires qui, pour les anciens Grecs, représentaient l’idéal divin.

It Was Restored Again (2013)

La double projection de diapositives It Was Restored Again contient 180 illustrations du phare et des textes à son sujet. Le verbe et l’image s’y côtoient littéralement. Ellie Ga présente des dessins de voyageurs arabes du Moyen-Âge, des fresques de la Renaissance et des images plus récentes trouvées sur internet. Elle les confronte à divers extraits de textes tels que des témoignages oculaires, des légendes et des résultats de fouilles archéologiques. Au lieu de clarifier les choses, la pléthore d’informations trouble le regard que nous portons sur le monument englouti. Qu’est-ce qui est réel ou fictif? Tout comme l’artiste, le spectateur peut se perdre dans le processus de recherche.

Four Thousand Blocks (2013)

La vidéo Four Thousand Blocks est la convergence des différentes lignes de narration développées par Ellie Ga lors de ses recherches et de son séjour à Alexandrie. Dans un commentaire en voix off, l’artiste raconte sept histoires dans lesquelles son point de vue de narratrice se décale sans cesse. Ellie Ga parle à la fois d’expériences qu’elle a vécues elle-même (la plongée, sa rencontre avec l’archéologue Jean-Yves Empereur qu’elle surnomme The Emperor …), du mythe du dieu Toth ou de la traduction historique de la Torah.

Projection Harbor (2013) et Pharmakon (2012)

Le tirage gélatino-argentique Projection Harbor représente une vue sur le port maritime depuis Alexandrie, avec à l’avant-plan deux gigantesques rochers/dés munis de deux et cinq yeux. L’œuvre évoque Toth, l’ancienne divinité égyptienne qui, selon la tradition, était le dieu de la lune, de la magie et des dés. Le texte intitulé Pharmakon renvoie lui aussi à Toth et raconte la genèse du dieu antique.

 

Bio

Ellie Ga (°1976, New York, États-Unis) vit et travaille à Londres. Elle a récemment exposé en solo à l’Albright-Knox Art Gallery, Buffalo (2014), Bureau, New York (2014) et à Grand Arts, Kansas City (2013). Elle a présenté plusieurs de ses performances dans des institutions telles que The Kitchen, New York (2014), The New Museum, New York (2013), la Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris (2012), The Power Plant, Toronto (2011) ainsi que lors du festival Playground à Louvain (2011). Son œuvre est représentée par la galerie Bureau de New York.

En 2013, Ellie Ga a séjourné en résidence à l’Experimental Media and Performance Art Center (EMPAC) de New York, où elle a mis au point la performance narrative Eureka, A Lighthouse Play.  Le 14 novembre, l’artiste présentait cette performance à Louvain dans le cadre du festival Playground. www.playgroundfestival.be

Four Thousand Blocks, 2013<br/>© Ellie Ga & Bureau, New York<br/>Foto: Dirk Pauwels
Four Thousand Blocks (still), 2013<br/>© Ellie Ga & Bureau, New York
Stomachion (Alexandria), 2013<br/>© Ellie Ga & Bureau, New York
Projection Harbor, 2013 en Pharmakon, 2012<br/>© Ellie Ga & Bureau, New York<br/>Foto: Dirk Pauwels
Four Thousand Blocks (still), 2013<br/>© Ellie Ga & Bureau, New York
Zicht op de tentoonstelling Ellie Ga. Pharos in M - Museum Leuven<br/>© Dirk Pauwels
Zicht op de tentoonstelling Ellie Ga. Pharos in M - Museum Leuven<br/>Foto: Dirk Pauwels
Ellie Ga, Sayed, 2013<br/>Foto: Dirk Pauwels
Four Thousand Blocks (still), 2013<br/>© Ellie Ga & Bureau, New York
Low Lies the Breakwater, 2013<br/>© Ellie Ga & Bureau, New York<br/>Foto: Dirk Pauwels