Oriol Vilanova : une réflexion sur l’art de camoufler au musée M

Oriol Vilanova : une réflexion sur l’art de camoufler au musée M

Exposition 'At first sight' – du 18.03.2016 >< 05.06.16

Vendredi 18 mars 2016 — Oriol Vilanova (°1980, Espagne), pour sa première exposition muséale solo intitulée At first sight, part de la collection artistique du musée M. Comment les musées présentent-ils les œuvres dans une exposition ou sur une carte postale ? L’objet a-t-il l’occasion de raconter sa propre histoire ? Ce sont les questions que l’artiste espagnol s’est posées pour ses trois nouvelles installations au Musée M.

Art camouflé ?

Pour l’installation Without distinction (2016), Oriol Vilanova a rassemblé 35 vitrines en provenance de différentes institutions (muséales) belges.  Il montre les vitrines pour ce qu’elles sont, en les laissant vides. Il met ainsi l’accent sur le mobilier lui-même et s’interroge sur sa neutralité. Le public peut-il réellement voir et appréhender l’objet dans une vitrine ? Ou les vitrines camouflent-elles leur contenu parce que leur présence, leur forme ou l’histoire de leur création prend trop de place ? La chorégraphie des objets d’Oriol Vilanova opère un glissement de sens.  Et même si chaque vitrine a sa propre histoire, leur multiplication crée une unicité. Ce faisant, l’artiste nous contraint à réfléchir au fait même d’exposer.

Fétichisme de la carte postale

Tandis qu’Oriol Vilanova commence par retirer tous les objets d’art des vitrines, dans Anything, everything (2015 – en cours), ils sont partout. Dans une des salles, il a rassemblé sur les murs près de 2800 cartes postales. Elles représentent des objets sur fond monochrome. Rassembler ces cartes postales a été un travail de longue haleine. Depuis quinze ans, il est allé toutes les semaines dans différents marchés aux puces. De retour dans son atelier, il a classé les cartes par catégories, par exemple d’après la couleur choisie par les musées pour mettre en valeur l’objet d’art de manière neutre.  Comme pour les vitrines de la grande salle, cette installation soulève également des questions sur la pseudo-neutralité des cartes postales. La couleur d’arrière-plan, apparemment neutre, camoufle-t-elle les objets?

Mur invisible

Voilà (2016) est une sculpture qu’on ne remarque quasiment pas. Le visiteur distrait pourrait tout simplement passer à côté sans la voir. Le mur blanc en demi-cercle fait référence à la composante architecturale la plus fugace et invisible présente dans le musée : la scénographie de l’exposition. Le mur de Vilanova est toutefois construit si près du mur de la salle qu’il empêche les visiteurs de voir l’espace qu’il délimite. Au lieu de créer un espace d’exposition, Voilà fait le contraire en l’isolant. Comme les autres œuvres de l’exposition, cette installation cache également beaucoup plus qu’elle ne montre.

Biographie

Oriol Vilanova vit et travaille depuis quelques années à Bruxelles. On a déjà pu admirer son œuvre dans différentes institutions internationales telles que le Nottingham Contemporary (Angleterre, 2013), le MACBA à Barcelone (Espagne, 2012) ou le Palais de Tokyo à Paris (France, 2012). En 2015, il a remporté le prix Art’contest. L’œuvre de Vilanova est représentée par la galerie espagnole Parra & Romero, Madrid/Ibiza.

 

Infos pratiques

Commissaire: Valerie Verhack

'Oriol Vilanova. At first sight' du 18.03.16 >< 05.06.16 au M - Museum Leuven

Oriol Vilanova | At first sight

Oriol Vilanova. Anything, Everything (2015-en cours)<br/>Photo (c) Dirk Pauwels
Oriol Vilanova. Anything, Everything (2015-en cours)<br/>Photo (c) Dirk Pauwels
Oriol Vilanova. Anything, Everything (2015-en cours)<br/>Photo (c) Dirk Pauwels
Oriol Vilanova. Anything, Everything (2015-en cours)<br/>Photo (c) Dirk Pauwels
Oriol Vilanova. Anything, Everything (2015-en cours)<br/>Photo (c) Dirk Pauwels
Oriol Vilanova. Anything, Everything (2015-en cours)<br/>Photo (c) Dirk Pauwels
Oriol Vilanova. Without distinction (2016)<br/>Photo (c) Dirk Pauwels
Oriol Vilanova. Without distinction (2016)<br/>Photo (c) Dirk Pauwels
Oriol Vilanova. Without distinction (2016)<br/>Photo (c) Dirk Pauwels