La ville de Louvain et le Musée M achètent un vitrail très ancien de Jan de Caumont

Mardi 3 mai 2016 — Jan de Caumont (1577-1659) fut un des plus grands créateurs de vitraux du 17e siècle aux Pays-Bas. Cet artiste louvaniste est réputé pour les 41 vitraux qui ornent le chœur de l’Abbaye du Parc à Louvain.  En 2013, dans le cadre du décret flamand sur les pièces maîtresses, ils ont été rachetés pour être réintégrés dans l’abbaye. Aujourd’hui, M complète sa collection avec une œuvre très précoce de Jan de Caumont, datant de 1618. 

Jan de Caumont, peintre verrier de Louvain

À partir du 15e siècle, Louvain devient un des principaux centres de production verrière des Pays-Bas.  L’artiste Jan de Caumont (1577-1659) est une des figures de proue de l’histoire de la ville. Les experts le considèrent comme un des pionniers des peintres verriers de la première moitié du 17e siècle, dernière époque marquante de l’histoire des vitraux aux Pays-Bas. Il était le peintre verrier officiel de la ville, où il exécutait des commandes venues de tout le duché. 

Œuvre rare de Jan de Caumont

Le musée M possède une vaste collection de vitraux d’art, avec des pièces allant du 15e au 19e siècle. Ce vitrail de Jan de Caumont vient combler une lacune dans la collection.  Denise Vandevoort, échevine de la culture de la ville de Louvain: « Louvain souhaite donner une plus grande visibilité à l’œuvre de Jan de Caumont, vu la qualité exceptionnelle de son travail et parce qu’il était originaire de la ville. Actuellement, la ville et le CPAS possèdent une série de 27 vitraux en médaillons de l’artiste. Comme il n’y avait pas encore de vitrail de cette envergure, cette pièce vient compléter la collection.  Au total, la ville a investi quelque 25.000 euros. »  Peter Carpreau, conservateur des Arts anciens au Musée M de Louvain: « Ce vitrail, qui date de 1618, est un exemple rare de l’œuvre précoce de l’artiste. Il est d’une qualité exceptionnelle. De plus, ce type de don est assez rare en Flandres. Souvent, les vitraux sont plus petits ou intégrés dans un monument. Sur cette pièce, nous pouvons identifier Margaretha Vekemans et sa fille. Cette information provient d’un catalogue de vente aux enchères de 1956, où le vitrail portait encore une inscription qui, hélas, a entre-temps disparu.  »  Le pendant de ce vitrail représentant l’épouse se trouve dans l’église St-Gwenllwyfo, Llanwenllwyfo (Anglesey, Pays de Galle).

Logo de la famille Vekemans au 17e siècle

Le panneau représente Margaretha Vekemans et sa fille. Toutes deux agenouillées, elles sont accompagnées de sainte Agnès et de sainte Elisabeth de Hongrie. Margaretha Vekemans était l’épouse d’Alexander van den Broeck, gestionnaire du trésor de la ville d’Anvers.  Au 17e siècle, le couple fut parmi les grands sponsors notamment de la joyeuse entrée à Anvers du cardinal-infant Ferdinand d’Espagne (1609-1641), ainsi que du monastère des Chartreux à Lier.  Le vitrail peut être considéré comme un logo avant la lettre. Jadis, il était offert par un personnage important ou une institution à une église, un monastère ou une abbaye. C’est également le cas de cette pièce,  que la famille Vekemans a offerte au monastère. Il est d’ailleurs très probable que ce panneau provienne des Chartreux à Lier.

 

Jan De Caumont, Margaretha Vekemans en haar dochter vergezeld van de H. Agnes en de H. Elisabeth van Hongarije, 1618, gebrandschilderd glas. Afmetingen: 60 x 42,5. M – Museum Leuven. Foto (c) Katrin Kamrau

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