Cécile B. Evans inaugure son exposition individuelle ’Sprung a leak’ au musée M

Cécile B. Evans inaugure son exposition individuelle ’Sprung a leak’ au musée M

Pièce de théâtre en trois actes

Vendredi 9 juin 2017 — Deux robots humanoïdes, un petit chien-robot et une fontaine. Voilà les principaux protagonistes de Sprung a Leak, la dernière œuvre en date de Cécile B. Evans (1983, Belgique–États-Unis). Dans cette pièce de théâtre automatisée, l’artiste s’interroge sur l’impact de la technologie sur notre comportement. Sa première exposition individuelle en Belgique aura lieu jusqu’au 19 novembre au M-Museum Leuven.

Technologie et émotions humaines

Dans ses installations, vidéos, plates-formes en ligne et performances, Cécile B. Evans étudie l’impact de la technologie sur nos comportements. Son point de départ a été le nombre croissant d’événements médiatisés tels que Wikileaks ou les attentats terroristes. Dans Sprung a Leak, elle s’interroge sur les fuites d’informations et la non-fiabilité des systèmes.

« Il y a eu des attentats terroristes, des coups d’État, des scandales politiques, des épidémies. Et pour jeter de l’huile sur le feu, il y a régulièrement eu des fuites d’informations semblant avoir des couches à l’infini.  Le plus inquiétant est que les gens ne semblaient pas savoir ce qu’ils pouvaient faire, à part consommer et produire encore plus de contenu – nous étions enfermés dans une épidémie émotionnelle du plus bel acabit. Le point commun de tous ces événements est qu’on y accède via un élément matériel – mon téléphone, mon ordinateur – et un logiciel – réseau social, applis, moteurs de recherche. Cet accès, ces fuites, cette abondance d’informations renferment en eux le potentiel d’être productifs et puissants (et l’ont d’ailleurs démontré). Mais à quel point est-ce tenable si les principaux intéressés n’y ont aucun contrôle ?

En même temps, le titre fait référence à Two Noble Kinsmen (Les deux nobles Cousins), une comédie de William Shakespeare de 1634. Au moment où la fille du gardien perd le contrôle de ses émotions, elle utilise la métaphore : ’A leak is sprung, a sound one’ (’Il y a une fuite, et non des moindres’). Dans la pièce de Shakespeare, la fuite dans le bateau dont parle le personnage évoque l’échec de la technologie par rapport aux éléments naturels. C’est précisément ce champ de tension entre la défaillance de la technologie et les émotions humaines qui est au cœur de Sprung a Leak.

Une pièce de théâtre en trois actes

Sprung a Leak est une pièce de théâtre en trois actes, dont les acteurs principaux sont deux humanoïdes, un petit chien-robot et une fontaine. Par ailleurs, trois ‘users’ font également partie de la performance. Les machines sont programmées pour montrer des comportements typiquement humains ou animaux, ce qui ne fait qu’augmenter le potentiel d’empathie du public. En même temps, la voix générique identique des personnages empêche toute éventuelle identification avec les protagonistes. La voix suggère que tous les personnages, même s'ils semblent différents à première vue en termes de matériel ou de programmation, font partie d’un seul et même système logiciel contrôlé en profondeur.

Tant dans la ligne narratrice que dans son aspect, Sprung a Leak est une collaboration imparfaite entre l’homme et les machines. Par le biais des écrans, les utilisateurs et les trois robots apprennent des informations qui les rendent toujours plus vulnérables. Et puis, par la bloggeuse Liberty, personnage numérique animé passionné de beauté, Sprung a Leak prend une toute autre tournure : les conventions telles que le temps voire la structure de la pièce de théâtre s’effondrent. C’est un scénario dans lequel l’homme et la machine doivent collaborer pour tout arrêter et recommencer. Cela suppose un changement de société, comme le suggère la référence au tableau La Liberté guidant le peuple (1830) d’Eugène Delacroix qui apparaît sur plusieurs écrans à la fin du troisième acte. Collaborer pour tout recommencer à zéro, c’est littéralement ce que font l’homme et la machine dans Sprung a Leak.

Biographie

Cécile B. Evans (1983) vit et travaille à Londres. On a récemment pu voir ses expositions individuelles à la Galerie Emanuel Layr à Vienne (AT), à la Tate de Liverpool (UK), à la Kunsthalle d’Aarhus (DK), à la Kunsthalle de Winterthur (CH) et à De Hallen à Haarlem (NL). Son travail a également été présenté à la 9e Biennale de Berlin (DE), à la 20e Biennale de Sydney (AUS) et à la Biennale pour l’Art jeune de Moscou (RU). Elle a aussi réalisé AGNES, œuvre en ligne commandée par les Serpentine Galleries de Londres (2014), toujours accessible sur le site web de Serpentine. Son œuvre est représentée par la Galerie Emanuel Layr à Vienne (AT).

Sprung a Leak fait partie d’une coproduction en collaboration avec la Tate Liverpool et la Haus der Kunst de Munich.

Informations pratiques 

Sprung a Leak est une performance d’environ 18 minutes. Elle est présentée en continu de 11h à 12h30 et de 14h à 17h30. Et le jeudi également de 19h à 21h30.

Commissaire : Valerie Verhack

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12.10.2017 : Conversations d’artistes : Cécile B. Evans en conversation avec Deevid De Meyer, programmateur robot chez Craftworkz, à propos de la robotique et de l’intelligence artificielle dans Sprung a Leak

16 – 19.11.2017 : Cécile B. Evans propose également une nouvelle performance lors du festival annuel Playground, une collaboration entre le musée M et STUK Leuven.

(c) Dirk Pauwels
(c) Wim Storme
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